Quand les intérêts des grandes puissances se déguisent en morale
Les événements qui secouent le Venezuela et la perspective d’une possible fin du régime de Nicolás Maduro suscitent de nombreuses réactions à travers le monde. Pour certains, il s’agit d’une libération attendue. Pour d’autres, d’un énième exemple d’ingérence étrangère. Il est essentiel de prendre du recul et d’analyser ces situations avec lucidité, loin des slogans et des récits simplistes.
Les dirigeants des pays sous-développés : entre corruption interne et pressions externes
Il serait naïf de croire que la corruption dans les pays sous-développés est uniquement un problème interne. Bien souvent, ces dirigeants sont aussi corrompus, influencés ou manipulés par des puissances étrangères, principalement les pays développés, avec les États-Unis en tête.
Ces stratégies ne passent pas toujours par des interventions militaires directes. Elles empruntent des chemins plus subtils, comme le financement d’ONG aux agendas politiques clairement orientés, l’imposition de pressions économiques et de sanctions ciblées, le soutien indirect à certaines élites locales, ainsi que des campagnes médiatiques internationales destinées à façonner l’opinion publique.
Une fois les dirigeants affaiblis ou discrédités, le peuple est monté contre eux, parfois à juste titre, parfois par désespoir. Le résultat est souvent le même : instabilité, chaos social et pillage des ressources au profit d’intérêts étrangers.
Les États n’ont pas d’amis, seulement des intérêts
C’est une leçon fondamentale en politique internationale : les États agissent d’abord et toujours pour leurs propres intérêts.
La démocratie, les droits humains ou la liberté deviennent parfois des arguments moraux commodes pour justifier des interventions qui répondent avant tout à des objectifs économiques, stratégiques ou géopolitiques.
Le Venezuela, riche en ressources naturelles, n’échappe pas à cette logique. Ce qui s’y joue dépasse largement la personne de Maduro. C’est un affrontement entre souveraineté nationale et appétits internationaux.
Condamner la dictature sans légitimer l’ingérence
Cela dit, être critique envers les grandes puissances ne signifie pas défendre les régimes autoritaires. Toute forme de dictature doit être condamnée, sans ambiguïté.
La répression, la confiscation du pouvoir, la misère imposée au peuple ne sont jamais justifiables, quel que soit le discours idéologique employé.
Mais condamner une dictature ne doit pas servir de prétexte pour nier la souveraineté des nations. Le changement doit venir des peuples eux-mêmes, non être imposé de l’extérieur sous couvert de bonnes intentions.
Une réflexion nécessaire pour l’avenir
Le cas du Venezuela devrait nous inviter à une réflexion plus large :
1- Qui bénéficie réellement de la chute d’un régime ?
2- À qui profite le chaos ?
3- Et pourquoi certaines dictatures sont tolérées quand elles servent les bons intérêts ?
La politique internationale n’est pas un conte moral. C’est un jeu de pouvoir brutal, où les peuples paient souvent le prix fort.
Comprendre cela est peut-être la première étape vers une véritable émancipation des nations.
Ce billet n’est ni une accusation ni une certitude, mais une invitation : réfléchir ensemble à ce que nous voulons comprendre, préserver et transformer.
Parce qu’une société juste commence toujours par le dialogue et la lucidité collective.
Marie Buteau
Réflexion et opinion sur la politique, le dialogue et la société.

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